
La vérité n'est pas toujours une bonne chose. C'est un mensonge de dire ça. Parce qu'il y a des vérités qu'on ne veut pas entendre, qu'on ne veut pas voir. Alors on ferme les yeux, on les garde
fermés très fort, très serrés. Mais y'a bien une moment où vous êtes bien obligés de les ouvrir. Parce que sinon, sinon vous foncez tout droit dans le mur, dans les poteaux, vous trébuchez sur
tous les obstacles. Il y a forcément des gens qui sont là, pour vous guider, pour vous porter, pour vous aider à trouver le bon chemin. Mais ces mêmes gens, tôt ou tard, vous mettrons une baffe,
vous diront que ça y est, c'est fini le jeu, faut se réveiller maintenant, faut ouvrir les yeux, marcher droit, la tête haute. Mais si ces gens vous aident à les garder fermés car ils ont peur de
vous voir tomber si vous les ouvrez trop vite, il y a forcément un moment, un moment fatidique, où vous vous retrouvez seuls. Où vos pensées divaguent, divaguent jusqu'à cette vérité, jusqu'à cet
éclair qui vous laisse là, à moitié mort.
Dans les deux cas, après, même si vous avez l'impression que vous allez en crever, il faut affronter.
On est obligé. C'est marche ou crève. On est tous des petits soldats à notre manière. Alors on fait face. On affronte nos peurs, nos failles, nos faiblesses, nos défaillances. On affronte la
vérité qu'on voulait pas voir. Celle qu'on avait pas vu. Celle qu'on n'était pas prêt à voir. Celle à laquelle on s'attendait pas. On affronte nos démons, notre passé, nos non-dits, nos
mensonges, les mauvais gestes, les mauvaises paroles. On découvre le mal comme si c'était la première fois, comme un enfant qui ouvre les yeux pour la première fois, qui découvre toutes ses
lumières, les médecins penchaient sur lui, puis la mère, ses mains, sa douceur, son odeur, sa peau.
Alors hop, c'est parti, là, ces lignes, se sera mon affrontement.
J'affronte M., Nirvana. Même si ça fait mal. Tant pis. Tant mieux. Ca veut dire que ça guérit. C'est comme une plaie qui se cicatrise, mais qui malgré tout vous gratte, vous rappelle qu'elle est
là, qu'elle s'en va, mais qu'elle vous fait mal une dernière fois, comme ça vous ne l'oublierez pas, et plus jamais, vous ne referez la même erreur, le même geste.
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